Montfort fermé : Jamais!

En Ontario, l’élection des progressistes-conservateurs dirigés par Mike Harris, en 1995, marque l’accession au pouvoir d’un parti politique qui adhère à une conception néoconservatrice du rôle de l’État dans la société. Reprenant son slogan électoral « La révolution du bon sens », le gouvernement Harris procède à la déréglementation, à la réingénierie administrative et à d’importantes compressions budgétaires, notamment en éducation ainsi que dans les services sociaux et les soins de santé. Dans le cadre de ces politiques, il crée la Commission de restructuration des services de santé de l’Ontario. Celle-ci recommande, le 24 février 1997, la fermeture de l’Hôpital Montfort, un établissement de soins de santé qui fournit des services en français à Ottawa et dans l’est de l’Ontario.
Cette recommandation suscite l’une des plus grandes mobilisations de l’histoire des Franco-Ontariens. Sous la direction de Gisèle Lalonde, l’ancienne mairesse de Vanier, le comité S.O.S. Montfort lance une vaste campagne pour empêcher la fermeture de l’hôpital. Des milliers de personnes signent des pétitions, comme celle publiée dans le quotidien Le Droit, le 13 mars 1997. Le texte de cette pétition rappelle le rôle de Montfort comme institution clé pour la communauté, mais aussi comme lieu de formation en français pour le personnel de la santé en Ontario. De nombreux Franco-Ontariens participent à des manifestations et assistent à un rassemblement au Centre municipal d’Ottawa.
Le 13 août 1997, la Commission recommande la réouverture partielle de l’Hôpital Montfort : elle propose que l’établissement offre seulement des services psychiatriques ainsi que des soins ambulatoires, obstétriques et de longue durée. Les responsables de S.O.S. Montfort dénoncent cette solution comme une demi-mesure. La contestation judiciaire, lancée par S.O.S. Montfort, a plus de succès. La Cour divisionnaire de l’Ontario, le 29 novembre 1999, et la Cour d’appel de l’Ontario, le 7 décembre 2001, déclarent toutes deux que la fermeture de l’hôpital est contraire au principe de protection des droits des communautés linguistiques en situation minoritaire. Non seulement l’Hôpital Montfort demeure ouvert, mais le gouvernement libéral de Dalton McGuinty, élu en 2003, et l’État fédéral investissent dans un projet d’agrandissement de l’établissement.

Titre du document : Changeons la décision. Sauvons Montfort? 1 p.
Date : 13 mars 1980
Source : Reproduit avec la permission du quotidien Le Droit.
Pour en savoir plus
En ligne
Bonenfant, Angie. « Il était une fois S.O.S. Monfort » (récit numérique), Radio-Canada.
Gagnon, Marc-André. « SOS Montfort », L’Encyclopédie canadienne.
« SOS Montfort (1997) », mON400, Musées Ontario.
« SOS Montfort ». Exposition. CRCCF, Université d’Ottawa.
Ouvrages, articles et chapitres
Bernard, Roger. À la défense de Montfort, Ottawa, Le Nordir, 2000.
Deevey, Roxanne. Montfort et le Droit : même combat? Ottawa, Le Nordir, 2003.
Gratton, Michel. Montfort. La lutte d’un peuple, Ottawa, Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques, 2003.
Lebel, Marie. « Montfort, de l’affaire à la cause. Un moment charnière dans les stratégies de défense des droits des francophones », dans Martin Pâquet (dir.), Faute et réparation au Canada et au Québec contemporains. Études historiques, Québec, Éditions Nota bene, 2006, p. 289-318.
Martel, Marcel. « Usage du passé et mémoire collective franco-ontarienne : le souvenir du Règlement 17 dans la bataille pour sauver l’hôpital Montfort », Mens, Revue d’histoire intellectuelle de l’Amérique française, vol. 6, no 1 (automne 2005), p. 69-94.
Miville, Serge. « Montfort fermé : jamais? Le discours nationalitaire de SOS Montfort dans les journaux franco-ontariens », Recherches sociographiques, vol. 61, no 2-3 (mai-décembre 2020), p. 319-346.
Paquet, Gilles. « Montfort et les nouveaux Éléates », Francophonies d’Amérique, vol. 13 (2002), p. 139-155.
Perron Roach, Danielle. « Hôpital Montfort : reflets de la francophonie en évolution », Reflets : Revue d’intervention sociale et communautaire, vol. 21, no 2 (automne 2015), p. 217-228.


