14 août 1867


Cette lettre de l’abbé Georges-Antoine Belcourt, prêtre canadien-français desservant Rustico, à l’Île-du-Prince-Édouard, illustre bien les débuts de ce qu’on a appelé la « renaissance acadienne ».

Un siècle après la déportation de la majorité des Acadiens et Acadiennes par les Britanniques, de nombreuses communautés acadiennes existent toujours dans les Maritimes. Elles sont toutefois petites et éparpillées, et occupent une place marginale dans la vie économique et politique de la région. À partir des années 1860, certains membres du clergé et une poignée d’Acadiens laïcs mettent sur pied des initiatives pour améliorer la situation de cette population francophone et catholique.

L’historien français Edme Rameau de Saint-Père est l’une des personnes qui ont inspiré ces efforts. Après avoir publié en 1859 une étude portant en bonne partie sur les Acadiens, il est allé à leur rencontre l’année suivante. Sur place, il a recueilli des témoignages sur leur histoire, mais leur a aussi prodigué des conseils. Il continuera de le faire jusqu’à sa mort, en 1899, dans plus de 450 lettres adressées à des chefs de file acadiens.

Dans la lettre qui suit, Belcourt informe Rameau sur le déroulement du programme de relèvement des Acadiens que Rameau et ses interlocuteurs ont esquissé. L’une de leurs priorités consiste à doter les Acadiens d’institutions; c’est pourquoi Belcourt relate les accomplissements de la Banque des fermiers qu’il a mise sur pied, ainsi que ceux des nouvelles maisons d’éducation acadiennes.

Un autre objectif est d’obtenir des paroisses et un clergé francophone pour les communautés acadiennes. Aussi Belcourt est-il heureux d’annoncer que le nouveau prêtre à Bouctouche sera d’origine française.

Mais le projet le plus important des intéressés, c’est la colonisation de nouvelles terres, afin que les Acadiens aient un « pays » à eux, et pas seulement un chapelet de villages côtiers. Une grande partie de la lettre de Belcourt porte donc sur ses efforts, conjugués à ceux de l’évêque de Saint-Jean, pour convaincre le gouvernement du Nouveau-Brunswick d’accorder des terres aux colons acadiens dans le haut de la rivière Bouctouche, efforts qui aboutiront à la fondation du village de Saint-Paul-de-Kent.

Français du Canada