14 avril 1955


L’accès à l’enseignement en français est un enjeu pour les francophones en situation minoritaire depuis la création des systèmes scolaires provinciaux. Le document ci-après témoigne d’une des innombrables luttes qui ont été le lot de ces communautés pendant plus d’un siècle. Comme le rappelle le Comité de l’enseignement du français en Saskatchewan, le gouvernement de cette province limite l’enseignement du français à une heure par jour. À l’instar des autres associations francophones en situation minoritaire, celle de la Saskatchewan organise des campagnes de financement pour soutenir l’enseignement en français. C’est un « fardeau » assumé non seulement par les francophones de la Saskatchewan mais aussi par ceux vivant ailleurs au pays, car cet appel est envoyé à l’extérieur de cette province.

La situation est toutefois intenable en ce qui concerne l’enseignement au secondaire. En effet, les high schools publics offrent uniquement un enseignement en anglais. Ce sont donc des collèges privés, mis sur pied et gérés par des communautés religieuses catholiques, qui prennent le relais. Les parents qui désirent que leurs enfants étudient en français doivent consacrer une part substantielle de leur budget familial aux frais de scolarité de ces écoles privées.

Pour desservir la minorité d’élèves qui peut poursuivre des études, 26 collèges ont été fondés entre 1867 et 1960. On compte neuf collèges au Nouveau-Brunswick, huit en Ontario, trois en Alberta, trois au Manitoba, deux en Saskatchewan et un en Nouvelle-Écosse; on n’en trouve cependant en Colombie-Britannique, à l’Île-du-Prince-Édouard ou à Terre-Neuve (Galarneau, 1978). Enfin, la plupart de ces collèges sont pour les jeunes garçons, puisqu’il n’existe que quatre établissements d’enseignement pour les filles. Indépendamment de la dimension de ces établissements, plusieurs d’entre eux lancent occasionnellement des campagnes de financement pour les aider à poursuivre leur mission éducatrice en français.

Français du Canada