Donnez généreusement pour l’enseignement en français

L’accès à l’enseignement en français est un enjeu pour les francophones en situation minoritaire depuis la création des systèmes scolaires provinciaux. Le document ci-après témoigne d’une des innombrables luttes qui ont été le lot de ces communautés pendant plus d’un siècle. Comme le rappelle le Comité de l’enseignement du français en Saskatchewan, le gouvernement de cette province limite l’enseignement du français à une heure par jour. À l’instar des autres associations francophones en situation minoritaire, celle de la Saskatchewan organise des campagnes de financement pour soutenir l’enseignement en français. C’est un « fardeau » assumé non seulement par les francophones de la Saskatchewan mais aussi par ceux vivant ailleurs au pays, car cet appel est envoyé à l’extérieur de cette province.
La situation est toutefois intenable en ce qui concerne l’enseignement au secondaire. En effet, les high schools publics offrent uniquement un enseignement en anglais. Ce sont donc des collèges privés, mis sur pied et gérés par des communautés religieuses catholiques, qui prennent le relais. Les parents qui désirent que leurs enfants étudient en français doivent consacrer une part substantielle de leur budget familial aux frais de scolarité de ces écoles privées.
Pour desservir la minorité d’élèves qui peut poursuivre des études, 26 collèges ont été fondés entre 1867 et 1960. On compte neuf collèges au Nouveau-Brunswick, huit en Ontario, trois en Alberta, trois au Manitoba, deux en Saskatchewan et un en Nouvelle-Écosse; on n’en trouve cependant en Colombie-Britannique, à l’Île-du-Prince-Édouard ou à Terre-Neuve (Galarneau, 1978). Enfin, la plupart de ces collèges sont pour les jeunes garçons, puisqu’il n’existe que quatre établissements d’enseignement pour les filles. Indépendamment de la dimension de ces établissements, plusieurs d’entre eux lancent occasionnellement des campagnes de financement pour les aider à poursuivre leur mission éducatrice en français.

Titre du document : Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan, L’œuvre de l’enseignement du français en Saskatchewan, 1 p.
Date : 14 avril 1955
Source : Université d’Ottawa, Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF), Fonds Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO), C2/178/5.
Pour en savoir plus
En ligne :
Ouvrages et chapitres de livre
Anderson, A.-B. « Profil démographique des Canadiens français de la Saskatchewan: 1885-1985 », dans Héritage et avenir des francophones de l’Ouest. Les actes du cinquième colloque du Centre d’études franco-canadiennes de l’ouest tenu au Collège St-Thomas More, Saskatoon. CEFCO, Université de la Saskatchewan, 1986, p. 175-195.
Galarneau, Claude. Les collèges classiques au Canada français, 1620-1970. Montréal, Fides, 1978.
Lapointe, Richard et Lucille Tessier. Histoire des Franco-Canadiens de la Saskatchewan. Regina, Société historique de la Saskatchewan, 1986.
Marcel Martel et Martin Pâquet. Langue et politique au Canada et au Québec : une synthèse historique. Montréal, Boréal, 2010.
Martel, Marcel. « Le Canada français à l’œuvre, » dans Yves Frenette, Étienne Rivard et Marc St-Hilaire (dir.), La Francophonie nord-américaine. Québec, Presses de l’Université Laval, 2013.


