Association des lesbiennes et des gais de l’Outaouais



Dans le contexte de la révolution sexuelle survenue dans les années 1960, l’homosexualité devient un sujet de discussion dans l’espace public. Un projet de loi omnibus, présenté en décembre 1967 par le ministre de la Justice Pierre E. Trudeau, prévoit notamment la décriminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe lorsqu’elles ont lieu en privé entre adultes consentants de 21 ans et plus.
Pour bien des membres des communautés gaies et lesbiennes, ce changement législatif est insuffisant. Des militants créent de nombreux organismes comme la Community Homophile Association of Toronto (CHAT), la Gay Alliance Toward Equality (GATE), à Vancouver, et le Front de libération homosexuel (FLH), à Montréal. Inspirés par les émeutes de Stonewall, survenues à New York en 1969, des membres de ces communautés organisent de nombreuses manifestations au Canada. Certains d’entre eux se rendent à Ottawa en août 1971 pour y présenter un document intitulé « We Demand ». Ce document contient une liste de revendications, notamment le retrait des termes « grossière indécence » et « sodomie » du Code criminel, l’abaissement de l’âge du consentement de 21 ans à l’âge de la majorité, un accès équitable aux emplois dans la fonction publique, y compris dans l’armée, le retrait des actes homosexuels de la liste des motifs de divorce et l’arrêt de la campagne menée par la Gendarmerie royale du Canada contre les homosexuels travaillant pour le gouvernement fédéral.
En plus de revendiquer leurs droits, les membres de la communauté LGBTQ+ créent des organismes qui deviennent des lieux de sociabilité et de soutien pour leurs membres, comme c’est le cas avec le groupe Les Gais de l’Outaouais, qui desserts aussi la francophonie est-ontarienne et devient l’Association of Lesbians and Gays of Ottawa / Association des lesbiennes et des gais de l’Outaouais en 1977. Cet organisme offre de l’information et des ressources aux membres de ces communautés, qui sont trop souvent confrontés à l’homophobie, à la discrimination et au rejet.

Titre du document : ALGO, Association of Lesbians and Gays of Ottawa / Association des lesbiennes et des gais de l’Outaouais.
Date : 1993
Source : Université d’Ottawa, Archives et collections spéciales. Bibliothèque de l’Université d’Ottawa., Fonds ALGO, 10-081-S1-F9. L’ALGO n’existe plus. Nous avons effectué des recherches sans succès pour trouver les détenteurs des droits sur ce dépliant. Le document sera retiré de l’anthologie en cas de contestation.
Pour en savoir plus
En ligne
Levy, Ron. « L’amendement de 1969 et la (dé)criminalisation de l’homosexualité », L’Encyclopédie canadienne.
Rau, Krishna. « Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres au Canada », L’Encyclopédie canadienne.
Articles et ouvrages
Graydon, Michael T. « “We Had Become a Community”: Gays of Ottawa (GO) and the Birth of Community, 1971–7 », The Canadian Historical Review, vol. 99, no 4 (décembre 2018), p. 594-622.
Grimard, Marcel. « Historicité du discours des jeunes gais et lesbiennes francophones en milieu minoritaire », Francophonies d’Amérique, no 12 (automne 2001), p. 123-132.
Sylvestre, Paul-François. Les homosexuels s’organisent au Québec et ailleurs, Montréal, Éditions Homeureux, 1979.


