2008


La réalité sociale et culturelle de la francophonie canadienne s’est complexifiée pendant les deux dernières décennies. Les populations issues de l’immigration jouent un rôle de plus en plus important dans la définition des politiques publiques, dans la croissance économique et dans celle de la vitalité démographique des communautés en situation minoritaire. L’exogamie – c’est-à-dire le fait de se marier en dehors de son groupe, dans ce cas-ci son groupe linguistique – continue de poser des défis quant au maintien et à la transmission de la langue française. Le manque de visibilité du fait français et le contact étroit avec la société anglodominante demeurent centraux pour comprendre l’insécurité linguistique. 

C’est dans ce contexte que se situe le rapport de la Commission sur l’inclusion. Mise sur pied en 2006 par l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), cette commission a pour but d’offrir un espace citoyen sur l’identité et la culture francophone en Saskatchewan. Elle fait suite à une initiative de l’Association jeunesse fransaskoise (AJF), celle d’inviter les élèves des écoles d’immersion aux Jeux fransaskois en 2005, décision mal reçue par certains acteurs du milieu. Ces réflexions sur l’unité et l’exclusion s’inscrivent dans le sillage d’une profonde remise en question entamée à l’occasion des États généraux de la communauté fransaskoise (1997).  

Alimentées par une tournée et divers mémoires, les discussions aboutissent à une nouvelle définition de la communauté fransaskoise. Celle-ci se définit désormais selon quatre dimensions : le territoire, la langue, la diversité des origines et un « acte volontaire ». Pour les rédacteurs du rapport, l’appartenance à la francophonie est ultimement un choix.

La communauté fransaskoise n’est pas la seule à s’interroger sur ces questions à l’époque. En 2009, à la suite d’une recommandation du Commissariat sur les services en français, l’Ontario adopte la définition dite « inclusive » de la population francophone afin de dénombrer les allophones ayant une bonne connaissance du français. Selon les mots de la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’époque, Madeleine Meilleur, « cette nouvelle définition donnera au gouvernement une meilleure idée de la demande pour les services en français dans la province et aidera ainsi les ministères à mieux planifier la prestation de ces services » (Le Droit, 5 juin 2009).  

Français du Canada