Le féminisme selon les femmes francophones en situation minoritaire
Le mouvement féministe transforme la société canadienne dans les années 1960. Inspirées par des mouvements similaires ailleurs dans le monde, des Canadiennes revendiquent l’égalité des sexes, la fin de la discrimination dans les emplois, la libération sexuelle, la maîtrise de leur corps et la légalisation de l’avortement.
En réponse à la montée de ce mouvement, le gouvernement fédéral de Lester B. Pearson crée, en 1967, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, présidée par Florence Bird. Deux des 469 mémoires présentés à la Commission proviennent des femmes francophones en situation minoritaire.
Le premier est celui de la Fédération des femmes canadiennes-françaises. Fondé en 1914, cet organisme promeut à l’origine les préoccupations des femmes dans une société sexiste et socialement conservatrice souscrivant à la notion que les femmes, une fois mariées, doivent rester à la maison pour s’occuper des enfants. En 1968, le mémoire de la Fédération réclame l’égalité des sexes, « un salaire égal pour un travail égal dans des conditions équitables et satisfaisantes », ainsi que des congés de maternité. Sur d’autres enjeux sociaux, la Fédération prend moins fortement position. En matière d’avortement, le mémoire affirme que cette question relève de « la compétence médicale » et que c’est un sujet « éminemment féminin ». Enfin, la Fédération ne demande pas la décriminalisation du commerce du sexe, même si elle trouve injuste que les travailleuses du sexe se retrouvent devant les tribunaux contrairement à leurs clients.
L’autre mémoire provient d’un groupe de femmes francophones de Moncton. Son contenu est influencé par les 241 réponses à un questionnaire publié dans l’Évangéline, le quotidien de langue française des Maritimes. Ce mémoire réclame notamment l’égalité des sexes, des garderies subventionnées par l’État, « à travail égal, salaire égal », et un congé de maternité. Par ailleurs, ces Acadiennes revendiquent des cliniques « de planification des naissances » ainsi que la « diffusion ou rediffusion d’émissions féminines » à des heures qui conviennent aux femmes du Nouveau-Brunswick.
Titre du document : Mémoire de la Fédération des femmes canadiennes-françaises à la Commission royale d’enquête sur le statut de la femme au Canada et Mémoire de la Fédération des femmes canadiennes-françaises à la Commission royale d’enquête sur le statut de la femme au Canada.
Date : 21 mars 1968 et 3 août 1968.
Source : Université d’Ottawa, Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF), Fonds Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises, C53/53/2 et Université de Moncton, Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson (CEAAC) .
Pour en savoir plus
En ligne
Morris, Cerise. « Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada », L’Encyclopédie canadienne.
« La Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (FNFCF) », La présence française en Ontario : 1610, passeport pour 2010, CRCCF, Université d’Ottawa.
Livre
Desjardins, Michèle. Les femmes de la diaspora canadienne-française. Brève histoire de la FNFCF de 1914 à 1991, Ottawa, Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises, 1991.


