Pour une école secondaire de langue française à Penetanguishene



À la suite de l’annonce du financement d’écoles secondaires publiques de langue française par le gouvernement provincial en 1967, les Franco-Ontariens croient ce dossier réglé. Ce n’est toutefois pas le cas. Pendant les années 1970, plusieurs conflits scolaires opposent des parents qui demandent des écoles de langue française aux conseils scolaires locaux, généralement dominés par une majorité d’élus anglophones. Soucieux de leurs finances, ces conseils s’opposent souvent à la création d’écoles secondaires de langue française. Ils préfèrent des établissements bilingues. C’est ce qui se produit notamment à Cornwall et à Sturgeon Falls. En 1977, des parents de Penetanghuishene revendiquent une école secondaire publique de langue française dans leur ville, revendication appuyée par l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO). Le conseil scolaire de Simcoe rejette cette demande. Il propose plutôt de construire des salles de classe rattachées à l’établissement bilingue Penetanguishene Secondary School pour y accueillir les francophones. Cette solution est inacceptable aux yeux de nombreux parents et élèves.
Pour forcer la main au conseil scolaire, des parents créent une école secondaire parallèle de langue française, appelée l’école de la Huronie. Cette « école de la résistance » ouvre ses portes le 3 septembre 1979. Ces parents veulent contraindre le gouvernement de l’Ontario à intervenir en leur accordant une école de langue française. L’école de la Huronie a toutefois besoin de fonds. L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens et l’ACFO demandent aux francophones de contribuer à son financement pour en assurer le fonctionnement et aussi pour démontrer l’appui populaire envers cette cause.
Cette bataille prend une envergure pancanadienne. Les médias du pays couvrent cette initiative. Des politiciens fédéraux appuient la cause des parents francophones de Penetanguishene; le premier ministre du Québec, René Lévesque, aussi. Le 23 avril 1980, la ministre de l’Éducation, Bette Stephenson, annonce la construction d’une école secondaire de langue française à Penetanguishene; celle-ci ouvrira ses portes en 1982.
Cette bataille, à l’instar des conflits scolaires ailleurs en Ontario et au pays, fait prendre conscience aux parents francophones et à leurs sympathisants qu’ils doivent obtenir la gestion de leurs établissements scolaires.

Titres de documents : « Aux représentants des membres de l’AEFO dans les écoles », lettre circulaire, Association des enseignants franco-ontariens, 1 p. & « Penetang : heure de la solidarité », dépliant, 1 p.
Date : 7 septembre 1979 & sans date
Source : Université d’Ottawa,Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF), Fonds Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, C50/107/7.
Pour en savoir plus
En ligne
« Les crises scolaires », AEFO.
Ouvrages
Martel, Marcel, et Martin Pâquet. Langue et politique au Canada et au Québec. Une synthèse historique, Montréal, Boréal, 2010.
Sylvestre, Paul-François. Penetang. L’école de la résistance, Sudbury, Prise de parole, 1980.


