mars 1967


Après la Seconde Guerre mondiale, le Canada a besoin d’une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée. L’obtention d’un diplôme d’études secondaires devient une nécessité. Il faut également former la génération du baby-boom, ce qui contraint les provinces à construire des centaines d’écoles durant les années 1950 et 1960.

Tous ne profitent pas également de ces investissements. En Ontario, le taux de scolarisation des francophones est faible. Pour l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario, la cause ne fait pas de doute : la jeunesse franco-ontarienne n’a pas accès à l’école secondaire dans sa langue. Dans ces circonstances, bien des jeunes décrochent. D’autres vont dans les high schools de langue anglaise. Une minorité fréquente des établissements privés de langue française, généralement des collèges dirigés par des communautés religieuses. Leurs parents dénoncent toutefois ce qu’ils appellent la « double taxation » : outre les frais de scolarité de l’établissement privé, ils doivent payer les taxes scolaires pour des écoles que leurs enfants ne fréquentent pas.

Dans les années 1960, le gouvernement progressiste-conservateur de John Robarts veut régler le dossier des écoles secondaires de langue française tout en améliorant les relations entre le Québec et le reste du pays. Pour lutter contre la perception des milieux nationalistes québécois francophones selon laquelle la langue française n’a pas d’avenir hors Québec, Robarts informe les dirigeants franco-ontariens que son gouvernement financera les écoles secondaires de langue française au sein des conseils scolaires publics.

Cette solution suscite un débat identitaire chez les Franco-Ontariens, puisque nombre d’entre eux croient que le catholicisme doit demeurer une composante de leur identité. Au terme du congrès du 18 février 1967, les délégués franco-ontariens acceptent la proposition gouvernementale afin d’atteindre, comme l’indique le mémoire, « leur plein développement culturel » pour qu’ils puissent contribuer « efficacement à la vie de l’Ontario et du Canada tout entier ». Certains francophones, y compris des membres du clergé, se consolent en se disant que ces écoles demeureront catholiques dans les faits, puisque le personnel et les étudiants seront de cette confession religieuse. Finalement, en 1985, le gouvernement ontarien permettra le financement public des écoles secondaires catholiques en Ontario.

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