1975


Le Théâtre d’la Corvée est fondé en 1975 à Vanier, qui était alors une municipalité distincte d’Ottawa. À l’époque, la région de la capitale nationale était principalement desservie par deux compagnies de théâtre francophones : L’Atelier et la Compagnie Gilles-Provost, créées respectivement en 1965 et en 1973, qui présentaient surtout des pièces de répertoire. Le Centre national des arts, qui a ouvert ses portes dans le contexte du centième anniversaire de la Confédération canadienne, accueillait aussi des productions d’ailleurs mais se préoccupait peu des artistes locaux.  

C’était tout le contraire du Théâtre d’la Corvée. Dès sa fondation, celui-ci s’affirme comme un théâtre franco-ontarien à vocation sociale et politique. Les membres de la troupe s’intéressent à la création collective et à l’animation culturelle auprès des jeunes adultes et des ouvriers.

En décembre 1975, sa première intervention, L’hiver show, est présentée à l’usine E. B. Eddy de Hull pour soutenir les employés en grève. La troupe poursuit sur cette lancée en jouant dans les autobus municipaux L’annonce faite à Vanier, une série de tableaux au sujet de la vie quotidienne à Vanier. 

Plutôt que d’inviter le public à venir à sa rencontre, les membres du Théâtre d’la Corvée a le souci d’aller à ses devants. C’est ce qui explique l’importance que la troupe accorde aux tournées durant ses premières années d’existence : elles lui permettent de rendre le théâtre accessible et de mieux véhiculer son message dans tout l’Ontario français.

En 1979, le théâtre d’la Corvée crée son premier grand spectacle, La parole et la loi. Mise en scène par Brigitte Haentjens, la pièce porte sur les luttes scolaires menées par la population franco-ontarienne, dont la crise du Règlement 17 qui provoqua une crise nationale. Ce sujet est abordé avec humour et ironie, la troupe ayant recours à un narrateur, à des masques et à des chansons. Dans une scène intitulée « L’enterrement », comédiens et comédiennes se départissent de leur complexe de minoritaires en jetant dans une boîte des objets représentant l’identité franco-ontarienne.

En 1988, le Théâtre d’la Corvée devient le Théâtre du Trillium; il s’inscrit dorénavant dans un courant postmoderne. 

Français du Canada